Dans les précurseurs pré-cités, Gérard Niemetzky, prestataire indépendant et formateur, expert en gestion de la couleur qu'on ne présente plus, également conseil et formateur Wisibility nous propose depuis 2002 des ouvrages sur le sujet et nouvellement une série de tutoriels et d'ouvrages sur papier ou en numérique qui nous explique les tenants et aboutissants de la reproduction en couleurs avec la pédagogie nécessaire à la compréhension d'un contenu difficile à vulgariser. Bien illustrées et très détaillées mais à la portée d'utilisateurs de tout niveau, c'est l'objet de trois brochures nommées à juste titre "les essentiels" éditées par e-Savoir, la boutique-librairie de Diagnostic-PSO, tout ça sous la direction de Gérard.

Expert certifié UGRA depuis 2007, Gérard Niemetzky accompagne les entreprises dans la mise en place de standards pour la reproduction en couleurs dans les métiers et les industries graphiques. Ces expériences de terrain donnent à ses ouvrages un réalisme incontestable et des conseils pratiques vécus qui accompagne l'explication théorique nécessaire. Un must !

"…il est impératif pour tout utilisateur de posséder ces ouvrages et leur méconnaissance par des professionnels est abracadabrantesque, ébouriffante, impardonnable, voire répréhensible…" (professeur Pixelus)

Voilà, ça, c'est redit !

Les trois ouvrages en question :

La standardisation dans la fabrication des documents imprimés en trois parties :


Comprendre : les définitions pour bien comprendre et savoir que demander aux imprimeurs.

Utiliser : mettre en place une organisation standardisée dans la réalisation de vos imprimés.


Contrôler : pour rester maître du travail et s’assurer que les professionnels sont performants tout au long de la chaîne graphique.

64 pages - 19 € TTC



Les imprimeurs reçoivent, de leurs donneurs d’ordre, l’essentiel des fichiers à traiter sous forme de PDF. 80% des documents à imprimer leur parviennent maintenant sous cette forme.

Ce document fait le point sur les aspects les plus importants de l’utilisation, de la création et du contrôle des PDF dans le cadre de l’impression selon les normes du procédé Standardisé Offset.

32 pages - 14 € TTC







La première partie de cet ouvrage vous montre les avantages à tirer d’une adoption de normes et standards dans les entreprises de tous types et particulièrement dans les industries graphiques.
La deuxième partie vous indique tous les gisements de rentabilité et tous les avantages à tirer en France de cette standardisation. Quel en est le retour sur investissement attendu ?
50 pages - 19 € TTC










POURQUOI GÉRER LA COULEUR ?

Rappel des faits
Chacun l'a constaté, la couleur sur écran est différente de la couleur imprimée et encore différente selon le matériel, les papiers et les conditions de reproduction. Conséquences : depuis la prise de vue jusqu'à l'impression finale en passant par les étapes de corrections, de Bon-à-Tirer successifs, la situation est incontrôlable, ce qui génère des incompréhensions, des pertes de temps, des conflits de responsabilité, des coûts inutiles. Et jusqu'à recommencer le travail; ce qui n'est pas une solution car on ne sait pas pourquoi ça n'a pas marché la première fois !?

Les causes du désastre.
Chaque matériel, malgré ses qualités techniques reconnues, se comporte individuellement en interprétant les données numériques à sa façon selon son propre réglage de base. Ainsi, un moniteur ou une imprimante sont capables de produire une "belle image" sans pour autant reproduire les "vraies couleurs" et c'est bien là le piège pervers car aucun défaut flagrant n'apparaît du fait qu'il n'y a ni comparaison ni référence.

Qu'est que la "vraie couleur" ? 
Chaque couleur est identifiée par des données numériques attribuées à chaque pixels, des valeurs pour chaque couche Rouge-Vert-Bleu ou Cyan-Magenta-Jaune-Noir selon le mode de reproduction. Ces chiffres sont interprétés différemment selon les réglages du matériel de reproduction. De plus, ces données sans références n'ont pas de correspondance avec des couleurs précises connues. C'est pourquoi, dès la création du fichier, on doit déterminer l'espace colorimétrique (par exemple Adobe RVB) limites de la gamme dans laquelle sont réparties les couleurs. Ainsi, chaque couleur de chaque pixel se voit attribué une couleur précise et unique, référencée dans un espace indépendant reconnu, le fameux Lab. Cette "vraie" couleur, maintenant identifiée, doit être reproduite fidèlement à l'identique tout au long de son périple vers différentes sorties finales malgré la variété des conditions rencontrées. En effet, un écran affiche la couleur par émission de lumière alors que l'imprimante la reproduit par de l'encre sur du papier, deux technologies totalement étrangères. Et pourtant, les méthodes de "gestion de la couleur" permettent de conserver une couleur identique quelque soit la destination.

Comment ça marche ?
Chaque matériel doit être réglé de manière à fonctionner le mieux possible selon ses capacités standards et surtout avec stabilité dans le temps. Cette première opération est nommée calibrage.
Ce n'est pas suffisant : deux imprimantes bien calibrées ne produisent pas forcément les mêmes couleurs car leur comportement et les conditions papier-encre sont souvent  différentes.
La seconde étape, complémentaire et indispensable, consiste à analyser, à mesurer ce comportement dans des conditions définies de fonctionnement. C'est la création d'un "profil colorimétrique" fichier informatique qui contient toutes les informations nécessaires à la conversion des données numériques dans le but de calculer les bons chiffres qui produiront la "vraie couleur" de référence. Le profil est la "carte d'identité" du périphérique de sortie, pour chaque écran, chaque imprimante ou presse offset…
Exemple. Une même image est envoyé vers trois destinations :
1- pour un tirage photo destiné à une expo
2- vers une imprimante pour produire une "épreuve" - "Bon-à-Tirer" - simulation d'un standard offset 
3- chez un imprimeur offset.
Trois fichiers indépendants sont alors calculés par le système grâce aux informations contenues dans le "profil" de chaque sortie, pour chaque imprimante et le troisième pour la presse offset. Les données numériques - les chiffres - sont donc différentes dans chaque fichier mais les couleurs seront identiques dans les trois sorties avec une même référence, les mêmes valeurs Lab.
Rappel du principe : selon la destination, sans gestion colorimétrie, des chiffres identiques produisent une couleur différente. Il faut donc modifier ces chiffres (convertir les valeurs des pixels selon la destination) afin de restituer la même "vraie couleur" quelque soit la sortie.

Tout ça est-il bien nécessaire ?
Dès l'acquisition d'un matériel, la qualité habituelle des images sur écran et en sortie d'imprimante est telle avec les outils actuels que notre attention est totalement bluffée et on imagine pas une seconde que les couleurs puissent être douteuses. Sans précautions particulières les couleurs sont superbes… mais fausses !
Est-ce important ? Pour un sujet tel qu'un paysage en plein jour bien exposé, si le ciel est bleu et l'herbe verte dans une gamme colorée réaliste, les spectateurs seront satisfaits. Fin de l'histoire. Le cas se complique si le fichier de l'image doit circuler vers des destinations diverses et des procédés de reproduction variés, ce qui est toujours le cas dans les milieux professionnels. En fait, sans gestion de la couleur, ce ne sont pas seulement les couleurs qui sont altérées mais également l'exposition, le contraste, les saturations de l'image ainsi que le détail des tons intermédiaires, le modelé du sujet… Autres cas dans lesquels la rigueur devient impérative : la reproduction fidèle de la couleur d'une matière, d'un produit, d'une œuvre d'art… C'est à ce niveau de compétences qu'on attend les vrais professionnels.

Exemple d'un scénario catastrophe :
Cas d'un photographe professionnel reconnu pour la qualité de ses prestations mais peu aguerri au numérique.
Son écran n'est ni calibré, ni "profilé". Pourtant, devant son écran, il est satisfait de l'aspect de ses images après des réglages sur Photoshop. A la vue de la sortie imprimée, il constate une différence de couleurs et de gradations incohérente avec l'affichage du moniteur et il souhaiterai retrouver sur le papier le rendu écran. Alors il imagine une astuce : il modifie les réglages de l'image sur Photoshop jusqu'à ce que l'imprimante produise les couleurs qui lui conviennent. Et le résultat est obtenu après quelques essais (coûteux essais !). Problème, l'image est maintenant fausse sur l'écran mais satisfaisante sur le papier. Parfait pour accrocher la photo dans une expo. On pourrait en rester là.
Inconvénient fondamental de l'astuce : le fichier a été modifié sans aucun contrôle, ou sont les vraies couleurs ? Sur l'écran ou sur l'imprimante ou nulle part. Si le fichier est envoyé dans la nature vers une autre sortie jet d'encre sur un autre papier ou en offset chez un imprimeur, il y a toute probabilité pour que les couleurs soient encore différentes alors que le photographe, de bonne foi, a fourni sa sortie d'imprimante au titre de "Bon-à Tirer", persuadé que son "épreuve" est fiable.
Où est l'erreur ?  On est en présence d'un mauvais fichier qui a généré une belle image ! En effet, le tirage fourni n'est qu'une "belle image" produite par malentendu à partir de données incohérentes, un quiproquo et non pas une "épreuve". Une épreuve doit simuler fidèlement le rendu couleur de la sortie finale, par exemple d'une impression offset. Situation grave car c'est le mauvais fichier qui part en circulation dans la nature. En modifiant les couleurs dans le fichier destiné à l'impression, les nouvelles données numériques vont produire d'autres couleurs, toutes aussi fausses, incontrôlées et sans référence. En plus, si l'imprimante est sans contrôle, ce qui est ici le cas, elle va interpréter à sa façon des chiffres déjà inadaptés ! Ça fait beaucoup d'incertitudes, à tel point que les relations client/fournisseur deviennent intenables dans ce climat d'incompréhension, surtout si l'imprimeur n'assure pas, lui non plus la situation, ce qui est souvent le cas. Et si l'imprimeur maîtrise son sujet, comment expliquer à son interlocuteur photographe que son fichier est inexploitable alors que celui-ci a fourni une image correcte sortie de son imprimante ?

La sortie du tunnel
Les solutions sont pourtant devenues faciles à mettre en œuvre car les matériels, les logiciels et les compétences en formation sont bien présents et pour des coûts abordables.
A la question "combien ça coûte ?" la réponse est plutôt "combien ça coûte de ne rien faire ?" tellement les enjeux sont graves en conséquences financières, en productivité et en terme de rapports commerciaux.
Le plus simple et peu coûteux, calibrer ses écrans est une option vraiment impérative afin d'ajuster l'image avec réalisme dès le départ. Deux écrans distants et malgré leur marque différente vont afficher les mêmes couleurs à partir d'un même fichier : quel soulagement ! Pour l'impression, le calibrage et l'utilisation de "profils d'impression" est une seconde étape nécessaire pour assurer que les couleurs définies dans le fichier vont être reproduites fidèlement pour un tirage photo ou une simulation sur une épreuve servant de Bon-à-Tirer contractuel.
Pour les imprimeurs, il est impératif de fournir ces "vrais" BaT, selon des normes ISO, internationales, et d'imprimer à la suite selon ces règles clairement définies dans la  norme ISO pour l'offset 12647-2


A voir également 
Le matériel : Colorimètre ou Spectro-photomètre avec leur logiciel pilote http://www.xrite.com/
Les logiciels et solutions spécialisés : http://www.alwancolor.com/