Je me permettrai de reprendre des citations du Forum en nommant leurs auteurs ;) .

Aujourd'hui, il est clair qu'on en demande toujours plus à un graphiste sans pour autant lui proposer une augmentation financière au final. Quelques exemples concrets :

Citation de Marroon : J'ai trouvé un emploi en tant que concepteur PAO dans une boîte d'édition de journaux et magazine. Mon travail est de créer des gabarits et maquettes et de faire la mise en page de ces journaux et magazines. A l'entretien, on m'a demandé si j'avais des notions de XML, XHTML, PHP et AS en me disant que c'est un plus pour le métier.

On m'a demandé des compétences supplémentaires mais à la fin du mois il n'y a pas de supplément dans mon salaire.


Citation de Lenya : Personnellement, je suis infographiste salariée, je n'ai suivi qu'une formation en CIF, mais plus le temps passe ... et plus l'on m'en demande ! L'on m'a même demandé une fois de créer un boîtage, alors que je ne suis pas maquettiste !!!

Et le pire, c'est qu'à chaque fois que je relève "un défi", l'on me met la barre plus haut !!!

Ça me fait vraiment peur ça !


En résumé, selon les commentaires sur le forum, on constate que la différence entre beaucoup d'expérience (plus de 10 ans) ou peu (- de 2 ans) n'est pas très grande : entre 1200 € et 1600 € net mensuel. De plus, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, le salaire à Paris n'est pas forcément plus élevé… et vu le prix de la vie dans la capitale… c'est grave !

Il serait intéressant de réaliser un vrai sondage sur le sujet des salaires en définissant les conditions, les compétences et responsabilités demandées, bref la description du poste mais un amalgame professionnel a vu le jour avec les techniques et méthodes "micro". Des métiers, auparavant, bien distincts - DA, maquettiste, roughman, exécutant, fabricant, photographe, photograveur, vidéaste… - s'amalgament avec, pourquoi pas, le responsable web, l'informaticien et le développeur. Et deux langues étrangères seraient un plus !

C'est d'ailleurs "Agreu" qui en parle de manière virulante et bien réelle :

Messieurs Dames, nous, les vieux de la vieille, lorsque nous faisions encore joyeusement nos maquettes avec un cutter, des feutres, des images découpées avant de nous attacher à photo-composer, et que seulement les techniques de la main nous étaient acquises, seulement là nous commencions à apprendre à composer sur nos ordinateurs.

Que ce soit chez un imprimeur, un graphiste, une agence de pub, un sérigraphe, dans des salles de cours, nous avons appris notre métier de l'âge de néandertale à l'apparition du média print....

Maintenant les gugus se forment sur le net, sur nos forums, sur nos blog, nos tutoriels. Nous sommes donc mangés par des jeunes qui ne bossent pas très bien, sans réelles compétences, qui cassent les prix des free lance pour produire vite et en quantité, c'est ainsi que dans tous les métiers de l'image on se retrouve confronter au problème de la surpopulation de graphiste imposteur.

Il y a aussi que nos outils nous facilitent grandement la vie. Que d'un scanériste, un chromiste, un maquettiste, une SR, un retoucheur, un photocompositeur, illustrateur, un chercheur de café (lol) ont été remplacés par un graphiste transgéniquedyformealucinatogéne...




Alors, disons qu'il y a deux générations qu'on appellera "les anciens" et "les Djeun's"…

Les anciens avaient appris les bases d'un métier bien défini dans une école d'apprentissage en vue d'un CAP et en alternance dans une entreprise, chapeautée par un "maître" motivé par l'échange de savoir. Le principe existe encore, à la différence que les métiers de l'époque évoluaient lentement alors, qu'aujourd'hui, les versions de logiciels et les nouvelles technologies débarquent en permanence. Ainsi, le "Djeun's" est souvent aussi bien informé que l'ancien qui a dû ré-appendre son métier avec les nouveaux outils. De plus, on ne lui laisse plus la disponibilité de former ses collègues au métier lui-même. Il faut bien différencier l'apprentissage d'un logiciel et celui d'un métier !

Beaucoup d'entreprises tirent sur la ficelle en embauchant des étudiants déjà expérimentés mais pour les payer une misère, ou pire, il y a le principe des stages où le Djeun's n'est même pas payé !

Lisez un peu ça, édifiant !

L'apprentissage en alternance reste, sûrement, la meilleure opportunité pour un Djeun's de combiner école et entreprise… mais là aussi, toutes les entreprises ne jouent pas le jeu et utilisent ce statut pour payer moins de charges. Le Djeun's devient alors un salarié ordinaire, mais livré à lui-même car personne dans l'entreprise n'a le temps de s'occuper de son apprentissage.

Comme le dit Marroon, "c'est le poisson qui se mord la queue…"



En fait, la situation n'est facile pour personne… on parle jusqu'à maintenant du salarié, mais qu'en est-il d'une entreprise ou d'un indépendant ? La situation n'est pas simple non plus.

Aujourd'hui, créer sa propre entreprise est un vrai parcours du combattant… Entre l'administratif, le coût des charges, la concurrence de plus en plus rude qui tirent les prix vers le bas… il faut savoir que lors d'une création d'entreprise, le créateur ne se verse généralement pas de salaire décent durant 2 ans, pas de chomage possible, pas de congés payés (pas de congés du tout d'ailleurs ;) ).

Nous sommes dans cette situation avec Bertrand depuis deux ans et pour que nos projets voient le jour en espérant que cela fonctionne, on y passe un temps fou !

On peut très rapidement être découragé par les frais qui s'accumulent et l'argent qui ne rentre pas suffisamment, du coup on peut perdre confiance… et comme énormément de projets, ça se termine mal et beaucoup d'aventuriers redeviennent salariés…

Attention, loin de moi l'idée de me plaindre, je constate simplement que pour créer son entreprise, il faut vraiment en vouloir !

On en arrive justement à une autre solution, faut-il devenir indépendant ?

Beaucoup de salariés se disent à un moment de leur carrière : "c'est moi qui conçois la plupart des créas de l'agence et, malgré le succès, je ne suis pas payé en conséquence à la fin du mois" ou "si je vendais moi-même mon travail, je gagnerai forcément plus" ou "plus personne qui décide à ma place, ça serait pas mal…" ect…

Effectivement, un salarié n'est pas maître de son salaire, un indépendant peut évidemment gagner beaucoup plus en proportion des commandes qu'il décroche… Mais attention, être indépendant s'assimile à créer une entreprise, une entreprise personnelle… et on retrouve les mêmes difficultés… pas de vacances, pas de chomage au cas ou, recherche de clients, trop faible revenu, difficultés pour décrocher des crédits auprès des banques, pas de 35 heures… si…par jour ;).

Malgré toutes ces difficultés, je ne changerai mon statut d'indépendant pour rien au monde ! Je suis totalement libre de créer des projets, de faire des "créas" comme je l'entends, de vendre mon travail au prix que je souhaite (enfin… j'essaie)… bref la liberté !



Il est évident, aujourd'hui, qu'internet a changé la donne ! L'image est devenue l'outil de communication utilisé très facilement, tout le monde manipule des images fixes ou animées… on a de plus en plus de softs, de moyens de diffusions, de sites pour vendre…

C'est un progrès énorme ! N'importe qui a les moyens de créer son produit qui sera vendu sur sa boutique, mis en vitrine sur son blog avec ses bannières, ses vidéos publicitaires… aujourd'hui, on peut être seul et vivre sur une île déserte (sous condition d'être connecté à internet), on peut faire du business avec le monde entier et ça, avec très peu de frais ! Les outils le permettent, reste à le mettre en œuvre.

Alors comme dans toute nouvelle évolution, le progrès apporte son lot d'abus et de perversités… chacun se met à vendre tout et n'importe quoi à n'importe quel prix… le marché de l'image a aujourd'hui totalement chaviré, c'est simple, il n'y a plus de règles. Et ça n'évolue pas dans le bon sens !

Un Djeun's qui vient de visionner quatre tutoriels trouvés gratuitement sur Internet s'amuse à créer le Skyblog de son pote puis le Myspace d'un autre pote et au fil du temps il commence à se débrouiller pas mal et finit par faire les skyblogs officiels d'artistes à des prix dérisoires… et tout ça sans avoir la moindre notion des bases fondamentales graphiques et des prix de marché.

En photo, conception de logos, de sites, de brochure… on constate une absence de bases indispensables en typographie, en mise en page, l'apprentissage du regard, de la lumière… Dans les écoles graphiques, les Profs ont-ils les bons référenciels, les formations aux mises à jour des logiciels, la motivation à s'auto-former, à s'informer sur les évolutions du marché, aussi bien au niveau des produits que pour l'aspect commercial…

Ne leur faudrait-il pas des stages en entreprise afin de combler la distance entre la réalité du monde du travail et leur enseignement ?…

Le débat sur l'apprentissage et sur l'évolution du marché est ouvert. Un constat toutefois, la demande en visuel, en vidéos, en créatifs ne cesse d'augmenter…

Les quelques profs lisant ce billet ont déjà fait l'effort, puisqu'ils sont sur Wisibility, ça prouve leur envie de se tenir au courant, d'être à jour… mais combien sont-ils dans ce cas à venir consulter Wisibility ou d'autres sites du même genre ?

Face à cet état des lieux, pour lutter contre l'évolution des salaires vers le bas il n'y a hélas pas de solution miracle… heureusement, il y a encore des commandes qui payent ;), même si c'est incomparable à ce que pouvaient gagner les "anciens" il y a vingt ans…

Alors quoi faire pour améliorer la situation ? Les connaissances restent évidemment l'un des arguments fort, plus on se forme à différents sujets, plus on pourra élargir ses compétences et proposer des services diversifiés ou se spécialiser dans un domaine pointu.

Par exemple, Wisibility s'est spécialisé dans les tutoriels vidéos et on voit bien que le marché de la formation sur le web connaît un véritable essor… Ca n'enlève en rien l'importance d'une formation présentielle en centre de formation comme M2i par exemple ! Il y a donc de plus en plus de moyens d'apprendre, de s'initier, d'approfondir ses connaissances et d'être au courant des évolutions du monde de l'image.

La majorité de nos concurrents proposent des formations aux logiciels, nous le proposons aussi mais nous essayons, en plus, et depuis l'origine, d'apporter les connaissances "métier" qui sont un complément essentiel à la connaissance d'un soft. Nous allons, dans un futur proche, confirmer cet apprentissage métier via des exercices pratiques vécus et en rapport du marché. Pour ce faire, nos formateurs sont tous experts dans leur domaine et en activité de production et/ou au contact des entreprises.



Plutôt que salarié, faut-il donc opter pour le statut d'indépendant, je vous conseille fortement le livre "Guide du graphiste indépendant" chez Pyramyd Editions disponible ici, vous trouverez énormément de conseils sur le statut, les droits, la facturation, l'administratif, l'argumentaire commercial…

N'hésitez pas à en parler avec d'anciens salariés qui ont fait le pas pour avoir leur ressenti…

Vous trouverez également de nombreuses informations dans des associations… nous avons de bons contacts avec les designers intéractifs, l'alliance française des Designers et également KobOne.

Autre question essentielle, ne pas négliger l'action commerciale. Beaucoup d'indépendants hyper talentueux éprouvent de grandes difficultés à se vendre. On peut suivre une formation, même s'il est vrai, que le "gène" commercial est inné… Une autre solution : faire appel à un agent mais c'est difficile à trouver… généralement, ils représentent trop d'artistes en même temps, ce qui génère une forte concurrence. De toute façon, déléguer les démarches commerciales, les rendez-vous, les rappels… c'est plus de temps à passer devant votre mac à produire !

Vous avez cette association qui a l'air intéressante et bien sûr l'incontournable annuaire de référence pour le monde du graphisme Bepub.com

Perso, j'essaye d'avoir toujours différents projets en même temps, quant un plan ne marche pas, je passe à un autre…

Concernant les salariés, il est possible de s'inscrire quand même à la maison des artistes afin de réaliser des travaux indépendamment de votre activité salariée habituelle. Attention, bien entendu, de ne pas concurrencer l'entreprise qui vous emploie, mais, par exemple, de développer une autre activité : vendre ses œuvres personnelles, réaliser des sites internet, des vidéos… au final ça peut devenir un bon plus pour améliorer les fins de mois.

Pour conclure sur ces sujets sans limites, je vous invite à donner vos avis, vos ressources et vos ressentis concernant votre activité professionnelle dans les commentaires et à continuer ce débat sur le forum ici. , encore merci à tous ceux qui ont participé à la discussion sur le forum.

Et comme on dit Inch Allah que tout ira bien :) pour la suite…

A+ Tony