Bonsoir tout le monde
(et avant qu'on me pose la question :
- PPI =
Pixels Per Inch = résolution des images
- DPI =
Dots Per Inch = résolution des imprimantes et flasheuses...
... en effet, les images informatiques sont formées de
pixels, et les flasheuses impriment des
points (dots) : il est donc logique de faire aussi une distinction pour leurs unitées)
(perso, je n'aime pas utiliser l'unité francisée "PPP" qui veut à la fois dire "Pixels par pouce" et "Points par pouce", et qui ne fait qu'augmenter la confusion entre les pixels et les points, et donc la confusion entre les résolutions d'image et les résolutions d'imprimantes)je souhaite mieux comprendre le distinguo que l'on fait entre la résolution des images en couleurs et celles qui sont monochromes.
Tout d'abord, tu fais une petite confusion : en ce qui concerne la résolution, on ne fait pas de distinction entre image couleurs et images monochrome, mais entre :
1° images "au trait", mode "Bitmap" dans Photoshop...
...c'est à dire images dans lesquelles chaque pixel ne peut prendre que deux états, 1 ou 0 : principalement noirs ou blancs, mais aussi par extension "couleur de l'encre" ou "rien", ce qui revient à "il y a de l'encre" ou "il n'y a pas d'encre et on voit le papier"
et
2° images contone (= "continuous tones" ou "tons continus" en français), modes "Niveaux de gris", "CMJN" (ou "RVB" ou autres mode couleurs) dans Photoshop...
... c'est à dire images dans lesquelles chaque pixel peut prendre plus de 2 états et donner des nuances de gris, de teintes et de couleurs : dans une image niveaux de gris 8 bits, chaque pixel a 256 états possibles : noir, blanc et 254 nuances de gris intermédiaires.
Les images monochromes, c'est à dire imprimées avec une seule encre, pouvant être :
• soit "au trait", 2 états : "y'a de l'encre" ou "y'a pas d'encre (et on voit le papier)"
• soit "niveaux de gris", plus de 2 états : blanc, gris clair, gris moyen, gris foncé, noir et toutes les nuances intermédiaires possibles et imaginables, avec pour seule limite le nombre d'octets assignés à chaque pixel : 8 bits = 1 octet = 256 états = 256 nuances, 16 bits = 2 octets = 65536 nuances, etc.
Ça, c'est l'image à l'écran et sur le disque-dur.
Mais quand il faut l'imprimer, ça se corse (on va rester dans le monochrome, c'est plus simple...)
• image "au trait" :- chaque pixel de l'écran peut être noir ou blanc,
- une imprimante laser noir et blanc* qui ne contient qu'une seule cartouche d'une encre qui n'est QUE noire, ne sait que mettre de l'encre pour faire un point noir ou ne rien mettre pour laisser le papier blanc...
... or, ça c'est exactement le principe de l'image "au trait" : du noir ou du blanc, "il y a de l'encre" ou "il n'y a pas d'encre" ! donc une imprimante peut imprimer directement une image "au trait" : si la résolution de l'image est égale à la résolution de l'imprimante, alors il suffit que l'imprimante mette un peu d'encre sur le papier et fasse un point noir pour chaque pixel noir de l'image... alors que pour chaque pixel blanc de l'image, l'imprimante laisse le papier blanc.
(Même principe pour une image "au trait" imprimée en offset :
- pour chaque pixel noir, la flasheuse fait un point noir opaque sur le film, qui deviendra un point qui retient l'encre sur la plaque, et qui deviendra un point encré sur le blanchet puis sur le papier,
- pour chaque pixel blanc, la flasheuse laisse le film transparent, et il n'y aura pas d'encre déposée sur le papier.)• image en niveaux de gris : il n'est pas possible d'imprimer directement les pixels... parceque l'imprimante sait faire le noir et le blanc, mais elle ne sait pas faire les 254 niveaux de gris que l'image informatique a en plus !!! donc pour imprimer quand-même, il va falloir bricoler : pour ça l'imprimante utilise une trame avec des points de taille variable...
... mais l'imprimante ne sait faire que des points d'une taille définie par sa résolution d'impression... donc pour faire des points de trame, elle va amalgamer plusieurs de ses petits points pour construire chaque point de trame de la taille qui convient pour simuler le gris voulu.
Le principe de la trame, c'est d'utiliser des points noirs plus ou moins gros placés régulièrement sur le papier : à une distance suffisante, l'oeil humain ne parvient pas à distinguer les points noirs et ne voit plus qu'un mélange entre le noir de l'encre et le blanc du papier, donc un gris. Ensuite il suffit de faire varier la taille des points de trame, donc le rapport entre la surface totale des points noirs et la surface du blanc (du papier) restant visible entre les points noirs pour faire varier la valeur du gris :
- pour un pixel à 50%, la surface des points noirs est égale à la surface de blanc, et le "mélange" paraît gris moyen...
- pour un pixel à 25%, la surface des points noirs est égale au tiers de la surface du blanc, et le "mélange" paraît gris clair...
- pour un pixel à 75%, la surface des points noirs est 3 fois supérieure à la surface du blanc, et le "mélange" paraît gris foncé...
... mais dans la réalité, il n'y a pas de gris, ce n'est qu'un faux gris, un simili-gris : ça pour cette raison qu'à l'époque de la photogravure traditionnelle au banc repro, ces image étaient appelées des "similis"...
... aujourd'hui on dit plutôt image demi-ton (half-tone en english)Le résultat principal, c'est que
dans une image niveaux de gris (image contone) imprimée, on ne voit que les points de trame de l'imprimante, et on ne voit plus du tout les pixels de l'image !(et ceci est également vrai pour les images CMJN qui sont aussi des images contone, donc qui sont aussi tramées pour l'impression)
Et la différence essentielle est là :
• image "au trait" : l'imprimante imprime les pixels, et donc sur le papier imprimé on voit les pixels
• image contone : l'imprimante simule le gris des pixels en utilisant une trame et sur le papier imprimé on ne voit pas les pixels.
Alors, quelle résolution utiliser

La résolution de l'oeil humain est de l'ordre de (si mes sources sont exactes) 300 dpi diagonale, ce qui fait environ 424 dpi horizontal/vertical
(300 divisé par sinus 45° = 300 x racine carrée de 2 = 424,26)... donc pour que l'oeil ne voie pas les pixels une image "au trait" destinée à être imprimée il faut au moins utiliser une résolution supérieure à 420 ppi !!!
La norme est entre 600 et 1200 ppi pour des images à tel :
- 600 ppi principalement pour les images destinées à une impression numérique avec des imprimantes de résolution 600 dpi (résolution assez standard des presses numériques),
- 1200 ppi de préférence pour de l'impression offset qui sera flashée en général entre 1200 et 2400 dpi. Mais des résolutions plus basses peuvent aussi être utilisées : des images "au trait" à 1000 ou 900 ou 800, ou même 600 ppi font de très bonnes impression en offset : le principal est d'être au-dessus de 420 ppi, et 600 est déjà une bonne sécurité.**
En revanche, il n'est pas nécessaire de monter au-dessus de 1200 ppi, ça ne fait qu'alourdir les fichiers sans que l'amélioration puisse être visible.
(sauf si il y a besoin d'un agrandissement, mais dans ce cas comme dans toute mise à l'échelle il faut recalculer la résolution de sortie en fonction de l'échelle pour obtenir la résolution correcte nécessaire).
Pour les images contone (niveaux de gris et quadri) il y aura donc obligatoirement une trame à l'impression... et donc comme les pixels de l'image sont transformés en points de trame, il y a obligatoirement un rapport entre le nombre de pixels et le nombre de points de trame : selon les trames, il faut entre environ 2,5
(1,5 x 1,5) et 4
(2 x 2) fois plus de pixels que de points de trame, donc il y a un rapport (appelé facteur de qualité ou facteur d'échantillonnage) entre la résolution de l'image et la linéature de la trame d'impression qui peut varier entre 1,5 et 2 fois.
Historiquement, en France on travaillait avec de la trame 150 lpi, et comme il est facile de mulitiplier par 2
(plus facile que de multiplier par 1,5),300 ppi est devenu la résolution standard de base pour les images contone.
* j'ai pris l'exemple d'une imprimante laser, mais c'est aussi valable pour une jet-d'encre...
- les vieilles jet-d'encre n'avaient qu'un seul noir, donc le problème (2 états seulement, noir ou blanc) et la solution (il faut utiliser une trame) sont exactement identiques
- les plus récentes ont 2 (ou 3) noirs différents, genre noir normal et noir clair (plus noir mat) : c'est sûr que ça donne tout de suite plus de possibilités, en l'occurence 3 (ou 4) au lieu de 2, mais il en manque encore 253 pour arriver aux 256 niveaux standard du PostScript... donc il faut aussi utiliser une trame...
... à noter cependant que :
- les trames offset et les trames d'imprimantes laser sont le plus souvent des trames classiques à modulation d'amplitude, c'est à dire avec des "gros" points de trame disposés régulièrement et dont la taille varie en fonction de la valeur du gris à simuler,
- les trames des imprimantes jet-d'encre sont des trames stochastiques, ou trames aléatoires ou trames à modulation de fréquence, dans lesquelles il n'y a pas de points de trame mais l'imprimante imprime un "brouillard" de tous petits points (ses points à elle, points dont la taille est donc fonction de la résolution de l'imprimante) disposé "aléatoirement" (
en informatique, l'aléatoire n'existe pas : c'est donc toujours du pseudo aléatoire, mais on fait comme ci c'était vraiment aléatoire 
) et plus ou moins serrés selon la valeur du gris à reproduire.
** souvent on dit 600 minimum... bon, connaître les limites, c'est bien... et les respecter c'est encore mieux... mais parfois on se retrouve avec une image un peu faible en résolution, ou qui après agrandissement n'a plus assez de pixels et on est en-dessous de la limite... alors on fait quoi : ben voilà, 600 ppi c'est la limite basse théorique classique standard... mais la vraie limite basse c'est la vision de l'oeil humain, donc 420 ppi : sachant cela, chacun peut alors juger de ce qu'il peut ou doit faire en toute connaissance de cause...
... perso, j'ai déjà imprimé des scanns d'articles de journaux à 450 ppi... ça fonctionne, c'est mangeable, ce n'est pas ridicule... mais c'était des articles de journaux, donc déjà pas terribles à la base !!! 
... en revanche, si j'ai une image "au trait" à 350 ppi, là je sais que je suis un peu trop en-dessous de la limite de 420, et ça risque d'être moche... donc là je préfère faire l'impasse sur le mode "trait", et convertir l'image en mode niveaux de gris : ça sera un peu flou, mais ça sera moins pire !!!*******
Après ce petit préambule, pour répondre à ta question :
En effet qu'est ce qui justifie que de 300 on passe à 1200 dpi quand il s'agit d'imprimer avec une seule encre?
• 300 ppi = image contone (niveaux de gris ou CMJN) = image tramée = on ne voit que les points de trame sur le papier, donc avec une trame 150 lpi ou 175 lpi la résolution de 300 ppi convient à peu près (même si elle n'est pas toujours optimale) et ce n'est pas la peine de monter à des résolutions supérieures
• 1200 ppi = image "au trait" = pas de trame = les pixels sont visibles et pour avoir une image correcte il faut être au-dessus de la résolution de l'oeil, donc au-dessus de 420 ppi... 600 ppi minimum, et 1200 est la valeur standard pour de l'offset.
Est ce toujours utile/ obligatoire?
Rien n'est obligatoire... de nos jours de moins en moins de gens savent ce qu'est une image "au trait" et ils scannent tout à 300 ppi en mode contone...
... et comme ils ne sont pas exigeants sur la qualité (heureusement !), alors ça leur convient, même si c'est un peu flou...
(d'ailleurs en général ils ne le voient même pas : l'être humain a cette (étonnante) capacité de se contenter de ce qu'il est capable de faire...)(c'est un peu moins flou en trame 175 lpi qu'en trame 150 lpi... et comme aujourd'hui presque tous les imprimeurs travaillent en 175 lpi, alors ça passe encore mieux...)
... mais ceux qui connaissent leur métier savent faire la différence entre une image qu'il faut scanner en niveaux de gris à 300 ppi et une image qu'il faut scanner en mode trait/bitmap à 1200 ppi !

Edit : c'est ce qu'on appelle se faire auto-griller...
